Cinéma et Littérature en favoris. Ce blog à pour fonction de témoigner de mes coups de coeur culturels, ainsi que mes découvertes diverses et variées sur et dans le monde. Bonne lecture.
Enter the Void, un film psychédélique de Gaspar Noé
Le récit :
Oscar, dealer de faible envergure à Tokyo, se fait compromettre par un jeune acheteur. A cause d'un malentendu stupide, il se fait tirer dessus en pleine poitrine, et meurt dans les secondes qui s'ensuivent. Seulement son esprit reste sur Terre, cela pour rester fidèle à la promesse qu'il a fait avec sa sœur Linda. S'ensuit une errance dans une ville psychédélique, aux lumières pétantes, où l'espace spatio-temporel n'a plus de limite.
Gaspar Noé est depuis Irréversible sorti en 2002, un réalisateur connu pour son absence de limite dans le choquant et le dérangeant. Avec Enter the Void, un film qu'il prépare depuis 15ans, il réalise un film aux couleurs hors normes et sons décoiffants, ressenti par un esprit en pleine hallucination. Autant dire que la vision (qui rappelle pour sa subjectivité à La dame du Lac) sera des plus délirante.
L'avis :
Débutant dans un tempo frénétique, le générique nous explose aussi bien visuellement qu'auditivement, et nous plonge immédiatement dans un trip à la fois incompréhensible et pétillant de lumières.
Les premières minutes annoncent la partie principale du film, où l'esprit d'Oscar se baladera, planant durant des jours dans les quartiers de Tokyo, traversant rues et immeubles ; et l'on retrouvera des images semblables aux hallucinations en rosaces et jets de lumières, qui deviendront constantes lors de sa poursuite de Linda et ses tentatives de rapprochements.
Gaspar Noé aborde de nombreux thèmes hors celui de la projection astrale (même s'il faut l'avouer, le réalisateur ne s'étale en rien dans ses interviews sur ces thèmes ; et éludes les questions morales et psychanalytiques).
Pour n'en prendre qu'un en exemple, celui de l'inceste. Durant sa lévitation continuelle, l'ectoplasme d'Oscar surveille sa sœur, et durant les relations sexuelles qu'elle a, il n'hésite pas à pénétrer dans le corps de l'homme. On comprend par la suite son attention, celle de renaître au près de Linda. Toute fois, l'on peut méditer sur la relation entre les intérêts troubles qu'il éprouve envers elle, et le passé tragique qui est le leur. Cela, principalement car la notion d'amour entre une femme étrangère, et sa mère (ou sa sœur) est depuis son enfance très ambigu (ce qui remémore la situation du film The Dreamers de Bertolucci).
Autre point, qui fait la qualité visuelle du film, est son aspect technique irréprochable (mouvements de caméra d'une fluidité inouïe) et une image de synthèse qu'on confond avec la réalité ; au point qu'on ne distingue plus le passage de l'une à l'autre. Ainsi, bien que le fonctionnement de ce passage, se réitère identique à lui même constamment (ce qui en irritera plus d'un), on se laisse embarquer dans cette frénésie d'images et de couleurs sans broncher.
Au final, se film se révèle comme une peinture "débleuît", où la décorporation sous LSD vous plonge dans un chaos spatio-temporel dans un Tokyo sans mœur .